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CSG : Va t-on vers un choc fiscal ?

Baisse des cotisations salariales en échange d’une hausse de la CSG ; tel est le pari du nouveau président de la république : « Tout le monde gagne en pouvoir d’achat avec cette mesure, sauf les plus aisés des retraités » résumait M. Emmanuel Macron au cours de sa campagne.

Baisse des cotisations salariales en échange d’une hausse de la CSG ; tel est le pari du nouveau Président de la République : « Tout le monde gagne en pouvoir d’achat avec cette mesure, sauf les plus aisés des retraités » résumait M. Emmanuel Macron au cours de sa campagne.

 

Baisse des cotisations sociales des salariés

Les cotisations salariales de maladie et de chômage représentant 3.15% du salaire brut devraient être supprimées permettant ainsi une amélioration immédiate du salaire net. Pour les fonctionnaires et indépendants, une « mesure équivalente » devrait être proposée.

 

Que se cache-t-il derrière l’acronyme CSG ? 

Depuis 1991, toutes les personnes physiques habitant en France sont concernées par la Contribution Sociale Généralisée (CSG). Elle est attribuable pour l’impôt sur le revenu. Concernant le taux, il est variable selon le type de revenu et la situation professionnelle de la personne.  Son but est de participer au financement de la protection sociale comme par exemple les prestations liées à l’assurance maladie ou alors les prestations non contributives des régimes de base de l’assurance vieillesse.

 

Augmentation de la CSG

La CSG va permettre de combler en partie le manque à gagner dû à la baisse des cotisations sociales salariales. Cette hausse de 1.7% va s’appliquer à tous les revenus et sera prélevé à la source sur tous les salaires, pensions et revenus financiers. Pour les actifs salariés, l’augmentation de la CSG sera largement compensée par la baisse des cotisations sociales ; pour un salaire de 2 000 €, le gain serait de 390 €, et de 770 € pour un revenu de 4 000 €. Seuls les cadres supérieurs percevant plus de 35 000 € par mois verraient leur rémunération diminuée.

 

Mais qu’en est-il des retraités qui ne bénéficieront pas de la baisse des cotisations sociales ?

La majorité des retraités devraient subir de plein fouet cette hausse de la CSG, car pour eux, pas de compensation. Ainsi, pour une pension de 2 000 €, il pourrait perdre 33.33 € par mois, soit 400 € par an, et pour une pension de 1 500 € jusqu’à 300 € par an. Seuls les retraités modestes, dont la pension mensuelle serait inférieure à 1 200 € par mois, ne verront pas leur revenu impacté, car exonéré de CSG.

 

Frédérique Martin Magnan, Co-Fondatrice de GF Retraite

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Candidats potentiels à la présidentielle : Que proposent-ils pour votre retraite ?

L'élection présidentielle de 2017 approchant, vérifiez ce que les candidats potentiels proposent pour votre retraite.

L’élection présidentielle 2017 approche à grand pas et les différentes personnalités politiques multiplient leurs interventions publiques. Cependant, le sujet de la retraite n’est que très peu abordé. Chez GF Retraite, nous affirmons que ce sujet mérite de l’intérêt puisqu’il concerne l’ensemble de la population actuelle mais également les générations futures. C’est pourquoi nous vous proposons un récapitulatif des différentes propositions des personnalités qui se sont déclarées candidates à l'élection présidentielle*.


Âge de départ à la retraite

Voulu par le gouvernement Fillon en 2010, l'âge légal minimum de départ à la retraite est officiellement de 62 ans depuis le 1er janvier 2017 pour tous les salariés du privé, artisans, libéraux, fonctionnaires sédentaires nés après le 31 décembre 1954. Il s’agit du sujet relatif à la retraite le plus commenté et les avis divergent :

  • S'ils sont élus, Marine Le Pen, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou et Jean-Luc Mélenchon avancent que l’âge légal de départ à la retraite passera à 60 ans. Jean-Luc Mélenchon précise que cela s’effectuera d’ici 2020 et Marine Le Pen évoque uniquement un passage progressif à cet âge.

  • Emmanuel Macron et Yannick Jadot soumettent l’idée d’une modulation de l’âge du départ à la retraite. Le premier à différents âges en fonction des situations de chacun et du type d’emploi des assurés : soit 60, 65 ou 67 ans. Le second, quant à lui, propose un départ autour de 55 ans en cas d’emploi extrêmement difficile et à 65 ans pour les autres.

  • Jacques Cheminade propose une commission tripartite État-salariés-employeurs afin de déterminer les personnes justifiant d’un départ à la retraite anticipée. Il ne se prononce cependant pas sur l’âge légal de départ à la retraite.

  • François Asselineau promet que l’âge légal de départ à la retraite restera à 62 ans.

  • François Fillon énonce un recul de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.


Durée de cotisation

Actuellement, la durée de cotisation varie en fonction de la date de naissance de l’assuré et est comprise entre 40 ans (pour les assurés nés en 1948 ou avant) et 43 ans (pour les assurés nés à partir de 1972). 4 candidats potentiels ont abordé concrètement le sujet :

  • Nathalie Arthaud souhaite un retour de la durée d'assurance à 37 années et 6 mois cotisés, soit 150 trimestres, pour percevoir une pension de base à taux plein. Il s’agit donc de la durée en vigueur avant la réforme Balladur de 1993.

  • Marine Le Pen et Emmanuel Macron souhaitent revenir à cette réforme de 1993 donnant droit à la retraite à taux plein pour 40 années de cotisation soit 160 trimestres.

  • François Asselineau, quant à lui, conseille de réduire la durée d’assurance à 41 ans soit 164 trimestres.


Montant de la pension retraite

Le montant du minimum contributif actuel est fixé à 7 555,50 euros par an, soit 629,62 euros par mois. La plupart des candidats potentiels s’accordent sur la revalorisation du montant minimum de pension retraite :

  • Nicolas Dupont-Aignan veut instaurer une retraite minimum de 1 000 euros net mensuels pour ceux ayant cotisé en France. Il veut également augmenter les pensions de 100 euros par mois pour les retraités les plus modestes.

  • Emmanuel Macron, Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade énoncent l’instauration d’un seuil minimum des retraites d’un montant équivalant au Smic. Jacques Cheminade précise son souhait de plafonner les retraites à 10 fois le montant du Smic.

  • François Fillon propose une augmentation de 300 euros annuels des retraites de base inférieures à 1 000 euros mensuels

  • Benoît Hamon soumet une revalorisation de 2 % des petites et moyennes retraites. Il souhaite également améliorer la retraite complémentaire des travailleurs indépendants mais n’a pas communiqué de chiffres.

  • Yannick Jadot évoque la revalorisation des petites retraites en appliquant un taux de CSG égal à celui des salariés aux retraités disposant de revenus élevés (concernant le patrimoine hors résidence principale).
     

Pension de réversion

Dans le secteur privé, la pension de réversion dépend de la durée d'assurance : Si le défunt justifiait de 15 années d'assurance retraite au régime général, le montant de la pension de réversion du conjoint survivant est de 3 406,47 euros minimum annuels (soit 283,87 euros mensuels). S'il justifiait de moins de 15 ans, ce montant minimum est réduit proportionnellement à sa durée d'assurance. Dans le secteur public, la pension de réversion est égale à 50 % de la retraite de base dont le défunt bénéficiait ou aurait pu bénéficier. Trois partis seulement ont communiqué sur l’avenir des pensions de réversion :

  • Jacques Cheminade met en avant une pension de réversion équivalente à 75% du Smic

  • François Fillon souhaite revaloriser de 600 euros annuels les petites pensions de réversion versées aux conjoints survivants.

  • Nicolas Dupont-Aignan promet de rétablir les avantages fiscaux, sans plus de précisions, pour les conjoints survivants.


Calcul de la retraite

Depuis la réforme Balladur de 1993, le calcul de la retraite des salariés du privé s’effectue en prenant en compte les 25 meilleures années de carrière. Le service public quant à lui, se base seulement sur les 6 derniers mois de cotisations. François Fillon et Benoît Hamon se sont exprimés à ce sujet :

  • François Fillon promet un calcul de la retraite des fonctionnaires en accord avec les salariés du privé en utilisant les 25 meilleures années de carrière et non plus les 6 derniers mois de traitement. En contrepartie, les primes perçues par les agents publics seront intégrées dans le calcul de la retraite.

  • Benoît Hamon évoque quant à lui la prise en compte du travail associatif dans le calcul de la retraite.


Changement du système de retraite

Actuellement, le régime de retraite est composé du régime général, des régimes de la fonction publique, des régimes sociaux des non-salariés et des régimes spéciaux. Seulement deux candidats potentiels mentionnent la possibilité de réforme du système de retraite : 

  • François Fillion conseille la suppression des régimes spéciaux tels que la SNCF, la RATP et la banque de France ; et souhaite intégrer les salariés de ces régimes spéciaux dans le régime général des salariés.

  • Emmanuel Macron avance la fusion des trois régimes principaux afin de créer un régime de retraite universel.

 Le système de retraite par répartition est souvent remis en question pour instaurer un système de retraite par points comme le souhaite par exemple Nicolas Dupont-Aignan. A l'inverse, François Asselineau veut inscrire le principe de la retraite par répartition dans la constitution.

Michèle Alliot-Marie, Henri Guaino et Jean Lassalle n’ont pas fait de propositions claires concernant la retraite.

Guillaume David, Co-Fondateur chez GF Retraite


*Il ne s'agit pas encore de candidatures officielles. Elles le deviendront à la condition de l’obtention des 500 signatures de parrainage d'élus.

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